Cédric Beltrame – AU NOM DU FRÈRE

BeltrameLe 28 mars 2018, le terrorisme islamiste a détruit une fratrie. Le lieutenant-colonel de Gendarmerie, Arnaud Beltrame est tué quelques semaines avant son mariage. Il a sauvé une otage dans des circonstances de bravoure remarquable. Ainé d’une fratrie de trois, il faisait l‘admiration de ses frères cadets. Ils ont souhaité dire dans un livre Au nom du frère quel homme exceptionnel

 il était, et tenter d’expliquer ce qui a pu provoquer le destin héroïque de ce frère tant aimé. Cédric, l’un des frères d’Arnaud, vit à Singapour avec son épouse singapourienne et son petit garçon. Nous l’avons rencontré.

Vous étiez à Singapour quand la nouvelle est tombée. Vous remerciez à la fin de votre livre Messieurs l’Ambassadeur et le Consul  de France à Singapour. Leur assistance at-elle été déterminante ?

Cédric Beltrame : J’ai appris le décès d’Arnaud le samedi suivant l’attaque et je souhaitais rejoindre la France par tous les moyens. J’ai contacté le Quay d ‘Orsay. L‘ambassade était fermée, mais j‘ai reçu un texto de Monsieur l’Ambassadeur. J‘ai été mis immédiatement en contact avec Air France et pu ainsi prendre un vol le dimanche suivant et voyager dans de bonnes conditions. Dans ces moments, tout seul face à la logistique, la distance, on se sent perdu, tout semble très compliqué, donc oui la prise en charge a été cruciale. A mon retour, Monsieur l‘Ambassadeur m’a reçu et exprimé à nouveau son soutien.

Le titre de votre livre écrit avec votre frère Damien ‘’Au nom du frère ‘’évoque le début d’une prière, presqu’une supplique.

Cela n’a pas été facile de trouver un titre qui convienne à tout le monde. Le livre est centré sur la fratrie, la famille, mais porte aussi sur la religion, la franc-maçonnerie, l’armée, la gendarmerie. Le mot frère se devait naturellement d’être en titre. Le titre sous-tend un hommage, une reconnaissance, une acceptation du fait qu’il se soit converti au catholicisme, nous le chahutions parfois à ce sujet. Cela l’aurait probablement beaucoup touché.

Votre frère Arnaud se convertit très tard au catholicisme, mais aussi à la franc-maçonnerie. Or, vous le précisez dans le livre, le cardinal Ratzinger déclare ouvertement en 1983 que les catholiques membres de la franc -maçonnerie sont dans un état de péché grave. Votre frère ne voyait pas d’incompatibilité entre sa foi catholique et sa croyance franc-maçonne ?

Arnaud était en recherche incessante de certaines vérités, certaines lumières. Cette recherche intellectuelle et spirituelle a porté sur la religion, sur  l’histoiremais aussi, parce que notre famille est originaire de Bretagne, sur les druides, les celtes, la terre. Finalement, la religion s’est imposée comme ce qui lui convenait le mieux, lui apportant une paix intérieure. J’explique son adhésion à la franc-maçonnerie pour deux raisons. La première est la conséquence d’un certain héritage, une partie de notre entourage familial a toujours été franc-maçonne. La deuxième, un élément nécessaire et obligatoire pour sa carrière. Ambitieux, il avait pour objectif ultime de devenir Général. Pour lui, tout cela avait du sens et était loin d’être antinomique. D’ailleurs, le Pape lui-même lui a rendu hommage en parlant de son acte généreux et héroïque.

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