Décès de l’influent ex-premier ministre thaïlandais Prem Tinsulanonda

Prem Tinsulanonda, ancien Premier ministre et principal conseiller de la royauté thaïlandaise, est décédé dimanche à l’âge de 98 ans, a annoncé un haut responsable parlementaire. Ainsi s’en est allé ce grand stratège du palais à l’influence inégalée sur la politique thaïlandaise.

Considéré comme une force stabilisatrice par ses alliés, mais détesté par ses détracteurs qui le percevaient comme un ennemi de la démocratie, Prem était l’un des principaux collaborateurs du défunt roi Bhumibol Adulyadej et a contribué à renforcer le lien inébranlable entre la monarchie et l’armée.

Prem « est décédé ce matin vers 9 heures », a déclaré aux députés le président par intérim de la Chambre basse, Chai Chidchob, lors de la troisième journée du nouveau Parlement thaïlandais.

« Je voudrais demander à tout le monde de se lever pour marquer un instant de recueillement. »

Son décès est attribué à une insuffisance cardiaque, a déclaré le bureau du Palais dans un communiqué.

En tant que président du Conseil privé du roi, Prem avait eu à gérer une période de succession tendue après la mort de Bhumibol Adulyadej en 2016. Il avait brièvement été nommé régent avant que le fils de Bhumibol, Maha Vajiralongkorn, ne monte sur le trône.

Le 3 mai dernier, il avait présidé le mariage surprise du nouveau roi avec la Reine Suthida quelques jours avant le couronnement de celui-ci.

Il avait également pris part, aidé dans ses mouvements par ses assistants, à un important rituel consistant à présenter de l’eau sacrée au nouveau souverain, le jour du couronnement, aux côtés du chef de la junte et meneur du coup d’Etat de 2014, Prayuth Chan-O-Cha.

Dimanche soir, le Roi Vajiralongkorn a exprimé son « chagrin », ajoutant qu’il avait « travaillé avec loyauté » dans ses nombreux postes au fil des années, a annoncé le bureau du Palais royal.

Le général a contribué à établir cette toute puissante « armée monarchisée » que l’on connait en Thaïlande aujourd’hui, selon Paul Chambers, conférencier à l’Université Naresuan, en Thaïlande.

« Prem a prouvé à maintes reprises que sa finesse et sa perspicacité pouvait éviter ou faciliter les coups d’Etat militaires qui ont aidé le palais », a déclaré Chambers à l’AFP.

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