Des manifestants exhortent l’ASEAN à interdire les imports de déchets

Des manifestants ont déposé jeudi à Bangkok, des déchets plastiques devant un bâtiment gouvernemental et ont appelé les dirigeants des pays d’Asie du Sud-Est à interdire les importations de déchets provenant des pays développés.

Cette manifestation intervient en amont du sommet prévu ce week-end des 10 membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), alors que de nombreux pays ont du mal à gérer le flot de déchets plastiques provoqué par la décision de la Chine de cesser d’importer des matières recyclables de l’étranger.

Les pays de l’ASEAN reçoivent désormais plus du quart des déchets plastiques de la planète, provenant pour la plupart d’économies développées comme le Canada, les États-Unis, l’Australie et le Japon.

Un groupe d’une cinquantaine de militants thaïlandais, certains brandissant des pancartes indiquant « No Space for Waste », se sont joints aux militants de Greenpeace pour demander la fin des importations de déchets en Asie du Sud-Est.

« Les communautés sont ici aujourd’hui pour réclamer … le droit de vivre dans un environnement durable en Thaïlande », a déclaré Tara Buakamsri de Greenpeace Thailand.

Ils ont appelé les pays de l’ASEAN à interdire l’exportation de déchets « d’où que ce soit dans le monde vers le la région », a déclaré Tara.

L’accumulation de déchets en Asie du Sud-Est s’est accélérée après que la Chine a cessé d’accepter les déchets en 2018 et, selon Greenpeace, les importations de déchets de plastique auraient augmenté de 171% depuis 2016.

Les déchets importés sont supposés être recyclés, mais arrivent parfois mélangés à des matières non recyclables ou sont mal manipulés et finissent par être brûlés ou se répandent dans les cours d’eau et dans la mer.

Le sujet a fait les gros titres récemment lorsque les Philippines ont renvoyé une énorme cargaison de déchets au Canada, provoquant une dispute diplomatique.

Et la semaine dernière, l’Indonésie a renvoyé cinq conteneurs de déchets aux États-Unis, affirmant qu’ils refusaient d’être un « dépotoir ».

La Thaïlande importe actuellement des déchets provenant de nombreux pays, une grande partie finissant dans des décharges et des installations de traitement de déchets qui ont suscité des plaintes pour pollution de la part des riverains.

« Cela pollue l’air, l’eau et produit des poussières (…) c’est un fardeau pour le peuple thaïlandais », a déclaré Jorn Naowaopas, un activiste de la province de Chachoengsao, où se trouvent plusieurs décharges.

Le ruissellement des eaux contaminées dans la nappe phréatique et les émanations toxiques résultant du traitement des déchets plastique et électroniques peuvent causer de graves problèmes environnementaux et sanitaires s’ils ne sont pas correctement traités.

Le sommet de l’ASEAN, qui débutera samedi par une réunion des ministres des Affaires étrangères, n’a pas mis la question des déchets à son ordre du jour.

Mais les discussions auront comme « priorité » la question des déchets marins car ils touchent « la chaîne alimentaire mondiale », a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement thaïlandais, Werachon Sukondhapatipak.

En mars, les ministres de l’Environnement de l’ASEAN ont rédigé la « Déclaration de Bangkok sur la lutte contre les débris marins », toute première tentative régionale visant à lutter contre les déchets plastiques qui envahit les eaux.

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