Chanteurs aveugles thaïlandais: entre rêve et difficulté quotidienne

Chanteurs aveuglesGrattant sa guitare avec habileté, accompagné d’un batteur, Singhkum Boonriang joue des ballades thaïlandaises alors que des inconnus, occupés, passent à côté de lui.

Singhkum n’est pas un musicien ordinaire. Il fait partie des centaines de chanteurs aveugles qui se produisent régulièrement aux intersections, aux arrêts de métro et aux autres artères animées de Bangkok.

Assis en face de sa petite urne à donations, Singhkum tente à l’aide d’un petit amplificateur, d’attirer l’attention et de la petite monnaie.

Il est entré dans le monde musical dès son adolescence. Mais c’est lorsqu’il a emménagé dans la capitale Thaïlandaise, il y a quatre ans, qu’il a commencé à se produire dans la rue

« Quand je suis arrivé à Bangkok, j’ai entendu plusieurs musiciens jouer dans des lieux publics. J’aime chanter, alors j’ai décidé de me laisser une chance », explique-t-il.

Comme Singhkum, de nombreux chanteurs aveugles de Bangkok quittent leurs  provinces pauvres et rurales en quête de nouvelles opportunités et d’un travail.
Mais leurs options sont limitées.

« Il y a deux ou trois jobs que nous pouvons faire, comme la vente de tickets de loterie, faire des massages ou chanter ». En jouant dans les stations de métro, la quinquagénaire Yupin Boonchuen, gagne environ 1.000 bahts par jour.

– La stigmatisation des artistes de rue –

Dans un pays aussi superstitieux que la Thaïlande, les attitudes envers la mendicité et ces saltimbanques sont ambiguës. Certains voient dans le handicap le résultat d’un mauvais karma venant d’une vie antérieure.

Ce genre de travail de rue est souvent associé à une forte stigmatisation sociale. En effet, les musiciens de rue sont vus comme des arnaqueurs fuyant les autorités.

« Lorsque je suis chassée, je me demande pourquoi ils ne m’ont pas laissé une chance. Je suis triste quand on ne me donne pas l’opportunité de montrer mon talent », confie Yupin.

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