De Bouddha au Petit Prince, Arnaud Nazare-Aga, la poursuite du bonheur

Nazare-AgaArtiste plasticien français basé à Bangkok, Arnaud Nazare-Aga, à travers ses sculptures colorées,transmet sa philosophie de vie positive, héritée de son enseignement bouddhiste. Ses sculptures du Petit Prince sont exposées au Singapore Philatelic Museum, à l’occasion des 75 ans de ce chef d’œuvre de la littérature française.

www.lepetitjournal.com/singapour – Passionné d’art depuis votre enfance, votre démarche a d’abord été spirituelle. A l’âge de 14 ans, vous intégrez un centre bouddhiste tibétain en Bourgogne.

Arnaud Nazare-Aga – Adolescent, je me posais beaucoup de questions. J’ai eu une péritonite aigüe qui s’est mal passée, j’ai été déclaré cliniquement mort.  En me réveillant, je me suis dit que j’avais besoin d’une expérience forte, une expérience spirituelle. La première option qui m’a traversé l’esprit a été d’essayer les hallucinogènes… Plus sérieusement, à cette époque ma mère suivait un stage sur le livre des morts tibétains dans le temple bouddhiste de la Boulaye en Bourgogne, un des premiers créés en France. Elle était psycho-thérapeute et suivait des patients en soins palliatifs. En convalescence à la maison, je me suis retrouvé par hasard, si hasard il y a,  à lire les notes qu’elle ramenait tous les jours, impatient de lire la suite.

Je me suis rendu au temple bouddhiste et là, ça a été une révélation. J’y ai vécu de 14 à 28 ans, recevant les enseignements de ma lignée et participant aux activités de la vie en communauté. Je me suis tourné vers les arts. A 18 ans, je suis allé à Paris apprendre à décorer le temple. Durant six ans j’y ai travaillé la sculpture et la technique du staff, matériau fait d’un mélange de plâtre et de fibres. J’ai participé à la construction de bouddhas monumentaux, sous la direction de grands artistes venus du Bhoutan. Et en 1988, après l’inauguration du temple, je suis parti vivre en Asie.

Artiste plasticien, vous combinez différentes techniques de peinture, de sculpture, mêlant couleurs dynamiques et graphisme énergique. Quel est le fil conducteur de vos oeuvres?

– Je réalise des sculptures en résine et fibre de verre, colorées à la peinture acrylique. La colorisation des sculptures est courante dans la pratique tibétaine. J’ai grandi dans cette profusion de couleurs que l’on retrouve dans les temples, sur les sculptures, j’en suis complètement imprégné. Chaque couleur a sa propre énergie. Elle interagit directement sur notre tempérament, notre humeur. Tant qu’on garde leur brillance, leur éclat, mes sculptures diffusent une énergie positive. Mon objectif est d’apporter de la joie, du bonheur à travers des sculptures sympathiques.

Je n’ai pas fait d’école d’art, comme Niki de Saint Phalle, une artiste qui m’a beaucoup inspiré. Mes maitres bouddhistes m’ont enseigné les techniques, des professionnels français m’ont appris le moulage et j’ai rencontré beaucoup d’artistes.

Votre atelier PAJ’Art studio se situe à Bangkok. Etre basé en Thaïlande vous a-t-il aidé à évoluer, en terme de créativité et de business ?

– En Thaïlande, j’ai la liberté de travailler pour moi, de créer mes propres pièces. Il y a une grande créativité de la part des thais, une grande adresse dans le travail. Très minutieux, ils savent reproduire les mêmes gestes, avec une précision identique. J’ai 25 employés que j’ai formés. La réalisation des pièces est très longue : 5 semaines pour les petites pièces, 3 mois pour les grosses, avec beaucoup de gestes répétitifs, 35 couches de matériaux, avant d’obtenir une pièce qui va ressembler à de la porcelaine, du verre soufflé. La liberté d’espace est aussi très importante. Mon studio fait 1000 m2.

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