Journée des femmes : Où en sont les Thaïlandaises ?

ThaïlandaisesA l’occasion de la Journée internationale des femmes et à l’orée d’élections historiques après cinq ans de régime militaire sous lesquels les droits civiques ont été sévèrement attaqués, LePetitJournal.com fait le point sur la situation socio-économique contrastée des Thaïlandaises.

La Thaïlande a le taux d’emploi féminin le plus élevé de la région, plus de la moitié de la population active, et les femmes représentent la majorité des diplômées de l’enseignement supérieur. Elles y ont obtenu le droit de vote en même temps que les hommes en 1932, lors de l’abolition de la monarchie absolue, soit bien avant les Françaises.

Mais le pays compte peu de politiciennes, pas de figure de premier plan depuis l’exil de Yingluck Shinawatra et le retrait de la princesse Ubolratana, seulement 15 femmes sur les 264 membres de la Chambre des Représentants et moins de 2% de cheffes de village au niveau local.

Tous les membres de la junte au pouvoir sont des hommes, comme le seront la vaste majorité des sénateurs nommés au prochain gouvernement, même si un certain nombre de candidates se présentent aux élections du 24 mars et pourraient changer la donne –  le taux de femmes parmi les candidats au poste de député est de 22%, dont une personne transgenre en lice pour le poste de Premier ministre.

En août 2018, la Royal Thai Police a annoncé que les femmes ne pourront plus être officières de police judiciaire. Toutes les académies militaires refusent désormais les candidates en amont, ce qui empêche les femmes de se présenter aux concours pour des positions supérieures dans les forces de l’ordre, où elles étaient admises depuis 2009. Une flagrante discrimination à l’emploi et un risque pour la prise en charge déjà limitée des violences basées sur le genre. « Moins de cas de violence domestique, de harcèlement et d’agression sexuelle pourront être signalés s’il n’y a pas de policières, les victimes pouvant être gênées ou peu disposées à parler à des hommes » a estimé Jadet Chaowilai, du mouvement progressiste de défense des femmes et des hommes.

La violence promue en public comme une affaire « intime »

L’application de l’acte promulgué en 2007 contre la violence domestique et de la criminalisation du viol conjugal, ainsi que la formation des forces de police sur le sujet, restent pauvres. Des cas comme le trafic de jeunes filles mineures offertes en « dessert » aux hauts fonctionnaires de Mae Hong Son pourraient être encore plus difficiles à détecter. Pourtant, le travail de conciliation des soldates dans les forces paramilitaires dans le Sud Profond auprès des communautés locales a été unanimement salué dans les trois provinces en conflit depuis quinze ans.

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