A Mae Sot, un Français lance une assurance santé pour migrants birmans

Mae SotL’accès aux soins et services de santé publique gratuitement est désormais possible pour plus de 3.200 migrants sans statut légal à la frontière birmane en Thaïlande.

Le M-Fund, développé par l’entreprise sociale Dreamlopments en 2017, fournit une assurance maladie pour un montant mensuel de 100 bahts minimum. Première à Mae Sot, cette micro-assurance fait déjà ses preuves auprès de la population migrante.

À Mae Sot, dernière ville avant la Birmanie, les ONG ouvrent et ferment en un claquement de portefeuille des donateurs, dont dépendent des milliers de migrants sans statut légal et en situation précaire.

C’est pourquoi, Dr Nicolas Durier, ancien humanitaire engagé dans la recherche contre le Sida, a eu l’idée de proposer une couverture de santé pour cette population migrante en marge de la société thaïlandaise, ne pouvant pas prétendre à un statut légal.

« Notre but est d’ouvrir l’accès aux soins et autonomiser la population birmane immigrée dans cette région », déclare le Dr Durier.

Basé sur l’entreprenariat social, le Fonds Migrant (M-Fund) est une micro assurance santé à but non lucratif dont le but est à terme de s’autofinancer par les cotisations des assurés et ne plus dépendre de l’aide de donateurs, à contrario des ONG. « C’est une nécessité pour la communauté » renchérissent conjointement, le fondateur et le chef de projet, le Dr Naing, qui coordonne les actions sur le terrain.

Avec comme partenaires, deux hôpitaux, trois cliniques d’ONG et le soutien du ministère de la santé thaïlandais,  le M-Fund poursuit son ascension vers l’ouverture des soins à la population écartée du service public.

Organisée telle une entreprise, la micro-assurance basée sur le volontariat -les personnes décident si elles veulent cotiser chaque mois- déploie des équipes d’employés, les « community workers » pour présenter le programme au sein des communautés. La cotisation mensuelle permet à tout membre de bénéficier des soins gratuits (à l’exception des soins dentaires et oculaires). « Nous payons les factures des hôpitaux, les membres n’ont pas à avancer de frais » ajoute Nicolas Durier. « Munis d’une carte avec un numéro d’identification, les membres peuvent se rendre librement à l’hôpital et les community workers peuvent aussi s’assurer de leur paiement chaque mois ».

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