Ayutthaya, son site historique et ses stocks de drogue pour la région

AyutthayaLe long voyage de Somphal Boonsanoon, consommateur et dealer, dans l’univers de la drogue s’est terminé dans une fosse creusée à la va-vite à Ayutthaya, cœur historique de la Thaïlande et entrepôt de drogue de l’Asie du Sud-Est.

Comme des milliers d’autres adolescents thaïlandais, il est devenu très jeune dépendant à ces petites pilules de méthamphétamine souvent coupées avec de la caféine appelées ici « yaba », « la drogue qui rend fou ».

Les pilules envahissent le royaume à une vitesse record en même temps qu’une version de cristal meth bien plus pure et addictive appelée « ice », les barons de la drogue de la Birmanie voisine fournissant la région en quantité.

Mais tandis que les producteurs et vendeurs s’enrichissent, la communauté thaïlandaise s’enfonce dans l’addiction.

Petit dealer, Somphal Boonsanoon est tombé pour avoir voulu doubler des trafiquants plus importants: à 39 ans, il a été abattu aux côtés de deux autres toxicomanes après avoir volé 2.000 pilules de yaba. Leurs corps ont été abandonnés sur une rive boueuse de la rivière, pourrissant sous le soleil d’août. Leurs cinq tueurs étaient des junkies des environs de Haha Rat, une campagne voisine dans la province d’Ayutthaya.

« C’était un homme honnête. Il n’était pas violent », raconte à l’AFP l’un des proches de Somphal, qui a demandé à ne pas être identifié par crainte des représailles de la part des gangs. « Mais il avait un point faible… la drogue. Il ne pouvait tout simplement pas arrêter ».

Ayutthaya, à une heure de route au nord de Bangkok, est surtout connue pour ses temples anciens, où affluent les touristes. Mais c’est aussi un « carrefour » du commerce régional de la drogue en Asie du Sud-Est et au-delà, estime le général de police Wuttipong Petchgumneard, du Bureau thaïlandais de répression des stupéfiants.

Cette province centrale connecte les routes nord et sud des drogues, tandis que ses nombreuses usines —et travailleurs— offrent planques et passeurs aux gangs.

« La plupart de la drogue écoulée à Bangkok ou à l’étranger est stockée là avant d’être collectée par les dealers », ajoute le général.

Quasiment toutes les nuits, des véhicules quittent la zone, bourrés de stupéfiants en provenance du Nord et espèrent éviter les barrages de police. Parfois, cette dernière a de la chance. Mais le plus souvent, les convois de drogue passent sans encombre.

« Il s’agit d’organisations criminelles internationales, elles ont de l’argent, du pouvoir, des armes et la technologie… nous devons donc constamment évoluer pour les attraper », explique le général Wuttipong.

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