Carol Isoux: « la Thaïlande est une bonne base pour les correspondants »

Carol IsouxCorrespondante en Asie du Sud Est depuis une dizaine d’années après un passage en Chine, Carol Isoux couvre l’actualité de la zone pour plusieurs médias français et internationaux. Depuis septembre, elle est aussi la présidente de l’antenne Thaïlande de l’Union Internationale de la Presse Francophone (UPF).

Créée en 2017 par Philippe Plénacoste, l’ex-patron du magazine local Gavroche, l’antenne Thaïlande  de l’UPF compte une grosse vingtaine de journalistes et responsables de medias francophones.

L’UPF est une association bientôt septuagénaire qui regroupe plus de 3.000 journalistes, responsables et éditeurs de la presse écrite et audiovisuelle répartis dans 110 pays ou régions du monde. Son but premier est de défendre la liberté de la presse et de venir en aide aux journalistes qui rencontrent des difficultés dans leurs pays d’origine ou d’accueil.

L’UPF se donne aussi pour rôle de transmettre certaines valeurs véhiculées par la francophonie, dans un monde dominé par la presse anglophone.

LEPETITJOURNAL.COM : Tu es journaliste en Thaïlande depuis un certain temps maintenant, que peux-tu nous dire des conditions travail des journalistes francophones ici ?

CAROL ISOUX : Depuis une dizaine d’années, les conditions ont peu changé pour les journalistes étrangers, hormis un léger durcissement sur les visas de presse. Il est relativement facile de travailler en Thaïlande: mis à part la royauté, on peut aborder tous les sujets. Et la presse francophone, moins scrutée que la presse internationale anglophone par les officiels, permet une certaine liberté de ton.

Pour ce qui est des opportunités de travail, il est clair que la Thaïlande ne suscite pas le même intérêt pour les pages internationales des medias européens que des pays tels que les Etats-Unis ou la Chine, mais on assiste néanmoins à une montée en puissance des sujets asiatiques dans le sillage de ce qui touche à la Chine notamment. De l’avis de mes confrères les plus anciens, il semblerait que les medias de l’hexagone aient de toute façon d’une manière générale de moins en moins d’appétit pour les sujets internationaux : il y a un recentrage sur les sujets franco-français ou du moins européens.

Cela signifie que pour les freelances ici, l’une des seules façons de s’en sortir est d’être capable de travailler pour tous les types de médias : écrit, radio, audiovisuel. Nous avons vu récemment plusieurs confrères de presse écrite mettre fin à leur activité ici. Il faut pouvoir proposer des sujets audio et surtout vidéo, l’écrit seul ne suffit plus.

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