Coup de mou pour les fermiers du latex en Thaïlande

latexAnnita a abandonné la culture d’hévéa, le fameux arbre à caoutchouc, pour travailler à l’usine. Comme elle, d’autres fermiers désertent les plantations face à la chute des cours, victimes collatérales de la guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis.

« Je ne pouvais plus nourrir mes enfants », explique la jeune femme. Elle travaille depuis quelques semaines dans une usine d’emballage du nord de la Thaïlande, premier producteur mondial du précieux latex, transformé par la suite en caoutchouc.

« Personne ne veut rester. Le propriétaire ne trouve plus de main-d’oeuvre. C’est un travail trop pénible pour ce qu’il rapporte », relève cette mère de quatre enfants.

Annita gagne désormais le salaire minimum, soit 300 bahts (7,5 euros) par jour, contre l’équivalent de six euros dans les forêts d’hévéa.

« Je suis obligée de travailler dans plusieurs plantations pour essayer de m’en sortir. Si cela continue, je vais devoir trouver un autre emploi », raconte Supawadee Jarukan, 32 ans, qui oeuvre toutes les nuits à récolter la sève des hévéas, quinze heures d’affilée, dans le sud-ouest du pays.

Un kilo de caoutchouc thaïlandais s’échange 40 bahts (environ un euro) sur les marchés mondiaux, cinq fois moins qu’en 2011. Un prix qui ne couvre plus le coût de production et entraîne les salaires vers le bas.

Le phénomène de désertion des plantations pourrait prendre de l’ampleur: un million de travailleurs agricoles vivent de cette culture dans le royaume qui produit plus de 4,5 millions de tonnes par an, soit près d’un tiers de la production mondiale.

– Des pneus aux préservatifs –

Une fois solidifié, 90% de cet « or blanc » est exporté à l’international pour fabriquer des tétines de bébé, des gants chirurgicaux, des préservatifs et surtout des pneumatiques pour l’industrie automobile et l’aviation.

Mais, aujourd’hui, les hévéas thaïlandais produisent à plein et le marché mondial ne peut plus tout absorber.

« De 2006 à 2011, les cours ont régulièrement grimpé. Tout le monde s’est mis à planter des arbres qui sont arrivés à maturité », explique Korako Kittipol, responsable du marketing chez Thai Hua Rubber, troisième producteur du pays.

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