Elections en Thaïlande: Les campagnes autorisées et la date confirmée

ElectionsLa junte thaïlandaise a levé mardi l’interdiction de faire campagne, confirmant dans le même temps la date des élections au 24 février. Néanmoins, les militaires sont loin d’avoir tout déverrouillé

La junte militaire au pouvoir depuis plus de quatre ans en Thaïlande a levé ce mardi l’interdiction de mener des campagnes politiques à l’approche d’élections promises pour début 2019, amenant Thaksin Shinawatra – le milliardaire en exil au cœur de la division politique du royaume – à saluer un « nouvel espoir » pour la nation.

L’une des premières mesures prises par l’armée après le coup d’Etat de mai 2014 a été de bannir toute activité politique, muselant l’opposition dans un pays connu pour sa politique de la rue tapageuse – et souvent meurtrière.

Mais l’interdiction a été officiellement levée mardi, ce qui a amené la commission électorale à confirmer la date prévue du scrutin, le 24 février.
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« Les partis politiques devraient être en mesure de faire campagne pour présenter leurs politiques », selon un ordre signé par le chef de la junte Prayuth Chan-O-Cha et publié dans la Gazette Royale, l’équivalent du journal officiel.

La junte « a décidé de modifier ou d’abolir les lois » qui pourraient réfréner les campagnes électorales avant les élections, dit le document.
Les hommes au pouvoir avaient commencé à assouplir les restrictions en septembre, autorisant les partis politiques à recruter de nouveaux membres et élire leurs dirigeants. Mais les campagnes et les manifestations de rue restaient interdites.

L’ordonnance de mardi ouvre la voix à un retour possible à cette politique tumultueuse de la rue qui a fait tant parler de la Thaïlande ces douze dernières années avec ses grands rassemblements de masse.

A cette époque, la politique thaïlandaise était fortement polarisée entre les partisans du puissant clan Shinawatra – particulièrement populaire dans le nord et le nord-est – et l’élite royaliste et conservatrice, centrée sur Bangkok avec d’importants bastions dans le sud, et soutenue par l’armée.

Une grande partie de l’élite militaire déteste Thaksin, cet ancien flic devenu un magnat des télécommunications qui avait remporté des élections haut la main en 2001 et l’armée entend bien empêcher à tout prix le clan Shinawatra de revenir au pouvoir.

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