En Thailande, la précarité des travailleurs birmans se perpétue

birmansExtorsion, pots-de-vin, abus: malgré une nouvelle loi en Thaïlande pour lutter contre l’exploitation des travailleurs étrangers, de nombreux immigrés birmans sont victimes d’agents peu scrupuleux qui les escroquent contre la promesse d’un emploi dans le royaume, dénoncent des ONG.

Plus de deux millions de Birmans sont employés dans le pays, d’après les statistiques gouvernementales. Et plusieurs centaines de milliers sont toujours clandestins malgré un mouvement massif de légalisation ces derniers mois, selon l’association Migrants Workers Rights Network (MWRN).

Légaux ou illégaux, la plupart travaillent dans la construction, la pêche ou l’agriculture, autant de secteurs boudés par les Thaïlandais mais vitaux pour l’économie du pays.

Après la révélation de cas d’immigrés birmans réduits en esclavage sur des bateaux de pêche, la Thaïlande a été menacée de sanctions par l’Union européenne. Dans la foulée, elle a adopté une loi, entrée en vigueur en juillet 2017, censée notamment mettre un terme aux abus dans le processus de recrutement des travailleurs.

Désormais, ce n’est plus au travailleur de payer les frais pour trouver un emploi, mais à l’entreprise qui l’embauche, une évolution importante pour la Birmanie où, d’après la Banque mondiale, un tiers des habitants vit sous le seuil de pauvreté.

Mais dans la pratique, les employeurs thaïlandais ne paient pas toujours les agences de recrutement, déplorent des ONG.

« Elles vendent alors leurs services aux agents birmans les plus offrants, qui exigent que le travailleur rembourse les coûts », résume Andy Hall, militant spécialisé dans les droits des migrants.

« Ce dernier se retrouve endetté, une situation qui peut entraîner de graves violations des droits de l’homme et notamment du travail forcé », ajoute-t-il.

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