Erasmus : « Le miroir aux alouettes d’une prétendue Europe sociale »

ErasmusRetard et écart dans le versement des bourses, plafonnement des notes et manque d’accompagnement, Erasmus, ce n’est pas toujours l’Eldorado des rencontres interculturelles et des soirées étudiantes. Dans son livre Erasmus Bonus Malus, Marie Lahetjuzan lève le voile sur les travers du programme européen.

Lorsqu’elle s’envole pour Madrid en 2009 dans le cadre d’un échange universitaire, Marie Lahetjuzan, en double licence sociologie et médias à l’Université de Kingston (Londres), se dit que l’expérience sera formidable. Mais dès son arrivée, les problèmes commencent vite à s’accumuler, rendant le séjour bien moins agréable que prévu. Elle a tiré de cette expérience un livre, Erasmus Bonus Malus, qui révèle les galères que vivent certains étudiants qui suivent ce programme.

Lepetitjournal.com : Quand avez-vous débuté votre enquête ?

Marie Lahejuzan : J’ai commencé en amont, c’est-à-dire avant de partir à Madrid. En fait, écrire était pour moi une façon de clarifier les choses. Quand j’ai entendu parler d’Erasmus, j’étais en première année universitaire à Kingston (Angleterre). Déjà, à la première réunion d’information, on nous vendait Erasmus avec tellement de couleurs, de fleurs et de poésie que ça me semblait un peu louche. Erasmus était présenté comme le fondement de l’Europe sociale : on allait tous recevoir une bourse, être égaux, … On se disait tous que ça allait être merveilleux et je voulais aussi y croire. Dans mon parcours de Française à Londres, j’avais été livrée à moi-même. Avec Erasmus, je me disais que j’allais être encadrée par l’Europe. Au final, dès l’inscription dans notre université d’accueil, j’ai rapidement compris que j’allais devoir un peu tout faire toute seule, et ce n’était pas comme cela que je l’imaginais.

Quels ont été les points de discorde au cours de votre Erasmus ? 

Les bourses. On nous a promis le versement de notre bourse à la rentrée, pour payer notre billet d’avion, nos livres, nos études… Je suis arrivée en septembre et les bourses ont été versées deux mois en retard. Non seulement, tu te retrouves seul dans un pays étranger où tu ne parles peut-être pas la langue, tu n’as aucune aide de ton université ni de l’université d’accueil, et en plus tu n’as pas d’argent.

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