Hantée par ses démons, la Thaïlande prend la présidence de l’ASEAN

ASEANSingapour a passé jeudi le relais de la présidence de l’ASEAN à la Thaïlande. Hantée par sa dernière présidence chaotique en 2009, Bangkok espère que les troubles politiques ne gâcheront pas son année

Manifestations, vitres brisées et dignitaires forcés de fuir par hélicoptère – la dernière expérience de la Thaïlande en tant qu’hôte du plus grand sommet de l’Asie du Sud-Est en 2009 avait été dominée par le chaos politique.

Et alors que la présidence de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE) vient de passer de Singapour à la Thaïlande, Bangkok espère que les turbulences politiques ne viendront pas lui gâcher pas son année.

Le sommet annuel de l’ASEAN est devenu une étape majeure du circuit diplomatique, attirant même des dirigeants des États-Unis, de la Chine, du Japon et de la Russie.

La présidence thaïlandaise signifie que l’ASEAN sera accueillie par une dictature militaire l’année même où celle-ci compte organiser des élections. Or, le royaume est connu pour ses turbulences politiques avec des mouvements de rue imprévisibles et parfois violents.

Les généraux thaïlandais vont bien entendu se démener pour éviter une répétition de l’épisode de 2009 lorsque les manifestants du mouvement dit des « chemises rouges » s’étaient invités en nombre sur le site du sommet de l’ASEAN dans la station balnéaire de Pattaya réclamant des élections.

L’intrusion violente de dizaines de manifestants dans l’hôtel Royal Cliff Beach avait provoqué la panique. Un certain nombre de dirigeants avaient dû être évacués par des hélicoptères de l’armée thaïlandaise depuis le toit de l’hôtel tandis que d’autres avaient pu partir par bateau.

« C’était complètement chaotique », se souvient un diplomate asiatique qui avait participé à ce sommet annulé dans la panique.

La Thaïlande était alors déchirée par des tensions politiques qui opposaient les « chemises rouges » – fidèles au Premier ministre déchu, Thaksin Shinawatra – à leurs rivaux les « chemises jaunes », alliés des élites royalistes de Bangkok.

Le défi d’organiser des élections propres

En 2014, une junte militaire a repris le pouvoir au clan Shinawatra après sept mois de manifestations par des groupuscules ultra-royalistes héritiers des chemises jaunes, et a mis en place le gouvernement le plus autocratique que la Thaïlande ait connu depuis plusieurs décennies.

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