Ils font Paris-Phnom Penh à vélo pour livrer des lunettes à une ONG

lunettesUn couple de trentenaires originaires de Lille vient de traverser douze pays à vélo durant presque sept mois dans le but de livrer des lunettes de vue d’occasion à une ONG cambodgienne. Lepetitjournal a rencontré à Bangkok Alexis Baratte et Émilie Dubus à l’issue de leur périple pour parler de ce pari un peu fou, baptisé « Onebikefortwo — Un vélo pour deux, des lunettes pour tous ».

LPJ : Alexis et Émilie, comment est né votre projet ?

Alexis Baratte: Je suis opticien de métier et nous souhaitions sensibiliser le public sur le fait que, dans notre pays, les remboursements permettent aux gens de changer presque trop facilement de lunettes. Lunettes qu’ils ont ensuite tendance à laisser dans un tiroir, « au cas où », alors qu’elles pourraient servir à des habitants de pays qui en ont besoin !

Ce projet, né fin 2015, a d’abord nécessité de lancer une récolte de lunettes usagées qu’il a ensuite fallu trier, ajuster, puis inventorier en fonction de la puissance de chacune.

La deuxième étape fut d’emmener toutes ces lunettes à Phnom Penh à vélo, ceci dans un but communicatif. Ce moyen de transport écologique peut être utilisé sur tous types de distances avec un chargement plus ou moins important. Nous avons donc embarqué sur un tandem tout le nécessaire pour la vie quotidienne, en plus des 20 kilos de lunettes que nous destinions à une ONG. Le poids total de l’embarcation en nous incluant était de 210 kilos.

Combien de temps ont pris les préparatifs de votre expédition ?

Émilie Dubus : La collecte des lunettes dans le nord de la France a pris environ 18 mois, pas à temps plein évidemment. Nous nous sommes appuyés pour cela sur les médias locaux, les réseaux sociaux et même la mairie de Lille qui nous a bien aidés. Le succès est allé au-delà de nos espérances puisque nous n’avons pas pu tout embarquer et qu’un stock nous attend à notre retour.

Ensuite nous avons commencé à réfléchir à l’organisation du périple. Il fallait choisir la bonne date de départ pour bénéficier de fenêtres météo optimales en tâchant d’arriver absolument après la saison des pluies en Asie du Sud-Est ou d’éviter les périodes trop froides en Russie et Mongolie.

Alexis : Concernant le matériel à emporter, nous nous sommes appuyés sur notre expérience du cyclotourisme pour savoir ce qu’il était nécessaire d’emporter et ce qui était superflu, même si un voyage d’un an ne se prépare pas comme un voyage de trois semaines. Nos affaires, en incluant la tente, pesaient 35 kilos. Elles incluaient de quoi faire face à toutes les situations météorologiques.

Émilie : Il a également fallu anticiper les demandes de visas, certains s’obtenant depuis la France. Une fois toutes les démarches accomplies, nous avons enfin pu partir, mi-juin 2018.

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