Jocelyn Dordé: »On a commencé dans une cabane à côté de la voie ferrée »

Jocelyn DordéJocelyn Dordé vit, depuis 18 ans, entre la France et le Cambodge. Médecin généraliste dans l’hexagone durant 4 mois de l’année, il s’occupe de son association Taramana le reste du temps. Vainqueur des Trophées des Français de l’Etranger pour son implication humanitaire, le quinquagénaire a accepté de raconter concrètement son travail au sein de cette ONG depuis 2005.

lepetitjournal.com/Cambodge : Vous êtes médecin de formation, et êtes arrivé au Cambodge en 2000. Vous travaillez alors 5 ans pour l’ONG Pour un Sourire d’Enfant (PSE), puis décidez de fonder Taramana, une association qui aide les enfants issus des bidonvilles, aussi bien dans le domaine de la santé que de l’éducation. Pourquoi à ce moment-là ?

Jocelyn Dordé : J’ai dû quitter PSE car ils avaient besoin de quelqu’un à plein temps, je faisais souvent des allers-retours en France pour pratiquer mon métier de médecin. En 2005, quelqu’un m’a emmené dans le bidonville de Boeng Salang (dans le nord de Phnom Penh.) Je me suis dit qu’on pouvait faire quelque chose pour aider les enfants qui vivent ici. Leur apporter des soins, leur apprendre le français et l’anglais. Au début nous louions pour 20 dollars par mois une cabane en bois au bord de la voie ferrée. On s’est occupé de 10, puis de 20, puis de 30 enfants (Taramana accueille aujourd’hui 200 enfants de ce bidonville.) Tous les gamins du quartier venaient apprendre les langues avec nous, ils étaient curieux de savoir ce qu’il se passait dans cette cabane. Aujourd’hui certains de ces jeunes sont devenus bilingues. En 2008, nous avons pu louer un centre médico-éducatif avec des salles de classes et une infirmerie. Au niveau médical, nous utilisons beaucoup la prévention, par les vaccins notamment. Cela ne coûte rien, et les résultats sont immédiats. Le nombre de consultations a baissé au fur et à mesure, les enfants éduquaient eux-mêmes leur famille à la maison. Notre but est de permettre à l’enfant de travailler.

D’où vient le nom Taramana ?

Tara et Mana sont deux enfants dont je me suis occupé à PSE à l’époque. Ils ont été les premiers à nous suivre dans cette aventure. Il est important de rappeler que notre bâtiment actuel s’appelle Taramana Magdalena, en hommage à Magdalena décédée depuis, une dame qui a fait un gros don en 2010 en France par affection pour ce que nous faisons.

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