La junte thaïlandaise tient des discussions avec le parti qu’elle a déposé en 2014

junteLa junte thaïlandaise a tenu une réunion mercredi avec le parti Puea Thai, parti politique majoritaire du dernier gouvernement élu que les généraux avaient déposé en mai 2014 par un coup d’Etat. Ces discussions s’inscrivent dans le fameux et plusieurs fois reporté « plan de réconciliation » dont la junte assure qu’il permettra de panser les blessures politiques dans ce pays très divisé.

Des leaders du parti Puea Thai ont ouvert la réunion avec des officiers de l’armée mercredi, derniers acteurs politiques impliqués dans les pourparlers engagés le jour de la Saint-Valentin.

Les observateurs et plusieurs partis politiques thaïlandais restent dubitatifs quant à la sincérité des militaires compte tenu de l’historique des nombreux coups d’Etats menés par l’armée tout au long des sept dernières décennies. Mais les responsables du Puea Thai ont néanmoins fait montre d’optimisme à l’issue des discussions de mercredi.

« C’est une bonne initiative« , a déclaré aux journalistes l’un des vétérans du parti et ancien vice-Premier ministre de Thaksin Shinawatra, Bhokin Balakula –prononcer « Bolakul ». « Nous sommes prêts à coopérer avec quiconque apportera la paix et la réconciliation au pays, » a-t-il dit, ajoutant que chaque côté doit être « dépourvu de parti pris« .

Le porte-parole du ministère de la Défense, Kongcheep Tantravanich, a estimé que les pourparlers avaient été « respectueux, prolifiques, et amicaux« .

La Thaïlande, qui fut un temps parmi les économies les plus dynamiques d’Asie, s’est embourbée dans une crise politique débutée il y a une douzaine d’année et marquée par plusieurs manifestations de masse avec des épisodes violents ainsi que deux coups d’Etat.

Le dernier est survenu en mai 2014, après sept mois de manifestations -soutenues par une large partie des militaires, de la bureaucratie et des élites royalistes- contre le gouvernement élu dirigé par Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin Shinawatra, ancien Premier ministre lui-même déposé en 2006 par le précédent putsch.

Le pays est profondément divisé entre pro et anti-Shinawatra, les premiers étant principalement constitués des classes laborieuses et d’une partie de la classe moyenne émergente des provinces du Nord et du Nord-est contre les élites traditionnelles et la classe moyenne de Bangkok, la bureaucratie et l’armée ainsi qu’une majorité des habitants du sud du pays.

Continuez votre lecture sur le Petit Journal Bangkok