La ruée vers le sable – Projets d’extension de Singapour

SingapourTout comme l’eau, le sable est devenu une denrée rare et stratégique. Principale raison ? Les méga-chantiers de construction opérés par les pays riches qui nécessitent un recours massif aux ressources naturelles et notamment au sable pour faire du béton.

Afin de répondre à la demande, de nombreux pays pauvres n’hésitent pas à sacrifier plages et rivières pour alimenter des projets de construction ou d’extension d’États riches, à commencer par la Chine, Dubaï et Singapour.

527 km2 en 1965, 674 km2 en 1998, 721 km2 en 2019… mais quand Singapour va-t-elle stopper son extension ? En l’espace de cinquante ans, pour accompagner sa croissance rapide et répondre à l’arrivée massive de personnes attirées par ses opportunités économiques, la cité-État a trouvé une solution à portée de main : s’étendre sur la mer.

Mais ces travaux titanesques ont des répercussions dramatiques sur l’environnement car pour alimenter ses chantiers de construction, Singapour importe massivement du sable en provenance des pays voisins.

Selon Bruce Edward, l’un des auteurs du rapport Toujours plus de sable de la revue du FMI Finances & Développement, publié en 2016, Singapour détient le record du monde avec une extension de 20 % en 40 ans, grâce à du sable importé du Cambodge, d’Indonésie, de Malaisie et de Thaïlande. Autre chiffre alarmant : selon le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), Singapour a importé 517 millions de tonnes de sable ces 20 dernières années.

Aujourd’hui, 1/5 du territoire de la cité-État est artificiel. Et elle prévoit de l’étendre de 100 km2 supplémentaires d’ici 2030. Des pratiques qui ne restent malheureusement pas isolées, puisqu’elle est talonnée de près par la Chine qui, en seulement deux ans, a consommé autant de ciment que les États-Unis en 100 ans, et par Dubaï qui utilise du sable pour construire ses îles artificielles, moins chères que l’achat de terres.

À titre d’exemple, la tour Burj Khalifa a nécessité 45.700 tonnes de sable et Palm Islands 150 millions de tonnes de sable.

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