Une souche résistante de paludisme progresse dans la région du Mékong

paludismeUne forme de paludisme résistant au traitement standard est en passe de devenir majoritaire dans certaines régions du Mékong, ont annoncé jeudi des chercheurs, mettant en garde contre sa propagation à d’autres zones comme l’Inde ou l’Afrique.

Cette maladie due à des parasites transmis à l’homme par des piqûres d’insectes a touché 214 millions de personnes en 2015 et fait 438.000 morts, surtout en Afrique subsaharienne chez les jeunes enfants.

Le traitement standard est à l’heure actuelle l’artémisinine – mise au point dans les années 1970 par la chercheuse chinoise Tu Youyou – associée à d’autres traitements antipaludéens.

Au cours de la dernière décennie, les scientifiques ont suivi de près la propagation d’une souche de paludisme résistante à ce médicament clé, selon une étude publiée jeudi dans The Lancet Infectious Diseases.

Détectée pour la première fois dans l’ouest du Cambodge en 2007, cette forme de paludisme s’est depuis propagée dans le nord-est de la Thaïlande, le sud du Laos et l’est de la Birmanie.

« Ce qui se passe c’est qu’un type de parasites apparu dans l’ouest du Cambodge s’est débarrassé des autres et s’est propagé« , a expliqué à l’AFP, Nicholas White de l’unité de recherche en médecine tropicale de l’université Mahidol à Bangkok qui a mené les recherches.

Jusqu’ici, la lignée dominante a été détectée dans des zones du Cambodge, de la Thaïlande et du Laos, mais pas en Birmanie -passerelle vers l’Asie du Sud-Est- mais les chercheurs estiment que ce n’est qu’une question de temps pour qu’elle progresse vers l’ouest.

Pour les spécialistes des maladies tropicales, l’émergence de cette souche évoque un précédent historique inquiétant.

Deux vagues de malaria résistant aux traitements standards étaient apparues dans les années 1950/1960 en Asie du Sud-Est puis s’étaient répandues en Inde et en Afrique où elles ont fauché des millions de vies.

La première était une souche résistant à la chloroquine, première génération de molécule antipaludéenne dans les années 50. La seconde dans les années 60 était une souche résistant à la génération suivante de médicament qui associait la sulphadoxine et la pyriméthamine.

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