La junte très à l’aise avec l’achat des faux détecteurs d’explosifs

détecteurs d’explosifsLe numéro deux de la junte a rejeté jeudi l’idée que l’armée aurait quelque « enseignement » à retenir de l’escroquerie tragique des faux détecteurs d’explosif après la condamnation mercredi du premier Thaïlandais à tomber pour ce scandale

Un Thaïlandais a été condamné mercredi à neuf ans de prison pour sa participation à une escroquerie internationale ayant écoulé pour des millions d’euros de faux détecteurs de bombes à des armées, de la Thaïlande à l’Irak.

L’homme d’affaires, Suthiwat Wattanakit, de l’entreprise d’équipement militaire AVIA Satcom, est le premier Thaïlandais condamné dans ce scandale pour lequel les deux cerveaux britanniques de l’escroquerie ont été condamnés en 2013.

Il a été placé en liberté conditionnelle dans l’attente de son procès en appel.

L’armée thaïlandaise a acheté à partir de 2008 pour plus de 17 millions d’euros de ces faux détecteurs, vendus entre 2.800 et 11.000 euros pièce, pour sa zone de conflit de l’extrême sud du royaume, en proie à un conflit séparatiste musulman.

Or, le détecteur « GT200 », censé repérer les traces d’explosifs résiduelles sur les individus mais aussi les bombes, s’est révélé n’être qu’une vulgaire boîte en plastique équipée d’une antenne…

Des centaines d’habitants de l’extrême sud de la Thaïlande ont ainsi pendant des années été arrêtées par erreur, les détecteurs ayant « repéré » sur eux des traces d’explosifs qui n’existaient pas. Et des soldats sont morts à cause de cette fraude, s’avançant en toute confiance sur des terrains qu’ils croyaient exempts de bombes artisanales, se fondant sur les conclusions du GT200.

Le boitier factice avait pourtant bien « marché »

Mais au lendemain de la condamnation de l’homme d’affaires, le général Prawit Wongsuwon, ministre de la Défense et numéro deux de la junte au pouvoir depuis un coup d’Etat en 2014, a balayé toute « faute » commise par les militaires.

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