13,7 millionièmes de seconde de décalage, et le système GPS part à vau-l’eau

GPSL’économie mondiale fonctionne sur le GPS. Et c’est un sérieux problème car le GPS est particulièrement vulnérable à toutes sortes d’interférences assure un article de Bloomberg.

Et ces interférences ont vraisemblablement posé de nombreux problèmes le 26 janvier dernier. Pendant 11 heures, des relais téléphoniques ont perdu leurs connexions, la police et des casernes de pompiers aux Etats-Unis ont signalé des erreurs de communication, et les signaux radio de la BBC ont été interrompus, entre autres choses.

La cause ? Un bug dans le réseau GPS. Un incident survenu lorsque l’US Air Force, qui opère les 31 satellites du réseau GPS, a mis hors service un de ces satellites. Conséquence indirecte mais sérieuse de cette manœuvre, de minuscules erreurs se sont produites dans la base de données globale du réseau, faussant les données de géolocalisation. Plusieurs satellites transmettaient de mauvaises données de synchronisation car ils étaient alors ralentis de …13,7 millionièmes de seconde.

Car chaque satellite transporte plusieurs horloges atomiques. Elles mesurent le temps en suivant à quelle fréquence les électrons de son noyau passent d’un état d’énergie à un autre. Les satellites transmettent ensuite ces données, ainsi que leurs emplacements en orbite, vers la Terre. Au sol, le récepteur GPS de votre smartphone repose sur la cohérence de ces calculs ultra précis pour déterminer où vous êtes par exemple.

Quel poids économique ?

Il est toutefois compliqué (impossible ?) de mesurer à quel point l’économie mondiale est dépendante du GPS depuis sa mise en service au public par le département américain de la Défense en 2000. Mais peu de services mondiaux se passent désormais de cette technologie. Sur les 16 secteurs économiques critiques définis par le Department of Homeland Security, 14 dépendent du GPS.

Il existe 2 milliards de récepteurs GPS en opération dans le monde. Et ce volume devrait atteindre atteindra 7 milliards d’ici 2022. Télécommunications, banques, compagnies aériennes, opérateurs de cloud computing ou encore télédiffuseurs ont besoin d’un chronométrage GPS constant et précis.

Certes, la plupart des services critiques utilisent des sauvegardes sous la forme de leurs propres horloges atomiques, ou des connexions à des outils un peu moins précis. Mais certaines de ces sauvegardes dépendent du chronométrage GPS et ne durent que quelques minutes. Au point que certains croient que le GPS « est le seul point de défaillance de toute l’économie moderne ».

Menaces étrangères

Beaucoup de grains de sables peuvent brouiller le fonctionnement des satellites au delà des soucis de base de données. Rayonnement solaire, débris spatiaux, certes, mais aussi… puissances étrangères. Le Pentagone a commencé à considérer ses satellites comme des cibles potentielles en 2007, lorsque la Chine a détruit l’un de ses satellites météorologiques vieillissant à l’aide d’un missile. La Corée du Nord, l’Iran et la Russie auraient également développé des armes anti-satellites.

Reste qu’au delà de ces problèmes, le GPS reste un pivot aussi parce qu’il n’a pas (pour l’heure) de concurrents. Certes, ils existent. Galileo (exploité par l’Union européenne et en cours de déploiement), GLONASS (Russie) ou encore BDS (Chine). Mais seul le système russe revendique une couverture mondiale à l’instar du GPS.

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