Le darkweb n’existe pas

darkwebLes « deep web », « darkweb » et autres endroits imaginaires ont investi le Journal officiel. Comme si cela ne suffisait pas, leur équivalence en français relève davantage de l’interprétation que de la traduction. Pourquoi cette dérive est-elle dangereuse ?

Récemment, des vidéos plus ou moins réussies ont fleuri tentant

d’expliquer les « deep web », « darkweb » et autres notions génératricesde fantasmes et divers canulars. Ce n’est pas la première fois où on constate avec désarroi que le hoax règne en maître. Proclamer que la traduction française officielle de « deep web » est « l’abysse », soit la « partie de la toile qui n’est pas accessible aux internautes au moyen des moteurs de recherche usuels » finit d’enfoncer le clou et de confirmer, sans conteste, la profonde méconnaissance de la manière dont fonctionne un moteur de recherche.

Plutôt que de répéter ad nauseam que, halala, mais que c’est naze de tout franciser, intéressons-nous plutôt aux causes de ces erreurs persistantes et aux conséquences de leur institutionalisation. Eh oui : la langue que l’on utilise est le vecteur de communication ; plus encore, étant commune à tous et au fonctionnement de l’État, elle est également ce qui fluidifie le déroulement des affaires publiques. Alors, n’en déplaise à certains pourfendeurs du verbe épuré, comment accepter des mots instituant des canulars avec force de loi et un sens éminemment politique ?
Deep vs. dark : une distinction sans fondement

Voyons d’abord pourquoi autant de gens se méprennent quant à ces termes qui font – au choix… – frissonner ou facepalmer.

En effet, lorsqu’on parle de « darkweb », on voit souvent « deep web » utilisé de façon interchangeable. La question a été : comment faire le distinguo tout en gardant le cap choisi pour le contenu ? Notamment, est-ce que je clarifie le fonctionnement d’un moteur de recherche (c’est la seule base pour une définition considérée valable de « deep web ») pour mettre un holà sur l’usage abusif de ce terme ? Une telle digression, pensé-je, aurait, certes, fourni moult détails supplémentaires mais sans rapport logique avec le reste et aurait, in fine, nui à la cohérence de l’ouvrage.

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