C’est l’argent: les commissions des tours opérators nuisent à la sécurité maritime à Phuket

commissionsLa question des commissions des tours operators comme réel facteur des défauts de sécurité de l’industrie du tourisme maritime de Phuket a été posée lors d’une discussion organisée la semaine dernière au Phuket Boat Lagoon.

Cette discussion, intitulée ‘Attentes des Secteurs de l’Hôtellerie et du Tourisme de Phuket à propos de l’Industrie Maritime de Phuket, et Vice Versa’ était organisée dans la salle de réunion de Boat Point au Phuket Boat Lagoon et accueillait les personnalités de la communauté nautique de l’ile.

Parmi les intervenants, Lyndon Ellis, directeur général d’Anantara Vacation Club Mai Khao Phuket; Zara Tremlett, ancien directeur général de Yacht Haven Marina; Ian Lancaster, courtier en assurance retraite ; et le commodore du Phuket Yacht Club, Scott Duncanson.

Wicky Sundram, le directeur exécutif de Phuket Boat Lagoon et principal organisateur de l’évènement en collaboration avec Harry Usher de Lady Pie, assumait le rôle de modérateur de la rencontre.

Le panel présent a épinglé les nombreux aspects de l’échec de l’industrie du tourisme nautique de Phuket, pointant spécifiquement les bateaux de tourisme, et de facto la surcharge (à ne pas confondre avec la surcapacité quant au nombre de passagers autorisés à bord) et les designs des navires qui ne respectent pas les normes internationales.

Cependant, il a été admis que critiquer les responsables de l’application des règles maritimes ne permettrait pas d’obtenir les résultats escomptés. Un consensus a été trouvé, soutenir les officiels locaux et les aider du mieux possible à améliorer la secteur, notamment en ce qui concerne la sécurité.

M. Lancaster a également fait remarquer avoir constaté, après plusieurs interviews réalisées auprès d’acteurs du secteurs que le gouvernement thaï prenait le problème très sérieusement et que les inquiétudes étaient remontées jusqu’au bureau du premier ministre et que des suggestions positives seraient les bienvenues pour arriver à un réel changement.

En ce qui concerne les commissions demandées par les tours operators, M. Lancaster, qui a pris sa retraite à Phuket après plus de 35 années passées dans les assurances, a indiqué que ses recherches lui avaient permis de découvrir que les commissions sur les ventes de billets représentaient 25% des coûts d’exploitation d’un bateau de tourisme.

Tous les autres coûts d’exploitation d’un bateau sont couverts par 75% des revenus des ventes de billets.

Une des personne présente à la discussion a signaler savoir que certains opérateurs demandent jusqu’à 50% du coût de l’excursion par passager.

Ce seul aspect, au delà de l’avidité, prive les opérateurs des fonds nécessaires pour proposer des excursions en mer sécurisées et une telle pression financière ‘force’ certaines compagnies à mettre des bateaux à l’eau dans des conditions dangereuses uniquement pour garder la compagnie à viable financièrement.

La seule autre option pour les opérateurs honnêtes est de perdre en compétitivité et fermer boutique, laissant les compagnies moins scrupuleuses fournir la demande.

“Perdre (des revenus) en ne sortant pas en mer pendant une seule journée peut facilement signifier qu”un bateau devra sortir en mer quatre ou cinq fois plus pour compenser la perte de cette seule journée d’inactivité” a expliqué M. Lancaster.

M. Lancaster a suggéré une politique gouvernementale qui couvrirait les pertes des compagnies lorsque le gouvernement publie un bulletin d’alerte interdisant les bateaux de sortir en mer pour des raisons de sécurité.

“Cela se fait régulièrement dans les autres pays” a signalé M. Lancaster à The Phuket News.

Lyndon Ellis a expliqué la position de l’industrie hôtelière, qui dispose de comptoir de touristiques dans ses resorts ou les touristes réservent leurs excursions maritimes directement auprès d’un agent, indiquant que les relations entre le comptoir touristique et l’hôtel ne passait que par le service comptabilité, “qui ne s’occupe que des chiffres” dit il.

Mais, M. Ellis a indiqué être conscient du problème et vouloir une rencontre prochaine avec les représentants des tours operators et les agents des comptoirs touristiques afin de prévenir des accords clandestins entre les deux.

M. Ellis a vivement suggéré que les personnes circonspectes au sujet des commissions demandées par les tours operators le porte à l’attention de la direction de l’hôtel.

“Ces personnes sont beaucoup plus concernées par la qualité et la sécurité des excursions que par les chiffres” dit il.

Une proposition étonnante formulée pendant la discussion, que les hôtels eux même notent les compagnies touristiques capables de proposer des excursions de qualité et sécurisées.

“Cela commence dès qu’un client monte dans un minivan” explique M. Ellis, ajoutant que de nombreux clients se plaignent de la conduite dangereuse lors de leurs excursions journalières.

En conclusion, Brent Harper, de la compagnie de construction nautique Marineworx, basée au Boat Lagoon, a présenter les avantages des ‘mousses haute flottaison’ qui pourraient être ajoutées aux navires de tourisme maritime existants afin de les rendre littéralement insubmersible.

“Les coques en ‘mousse’ ne sont pas une nouvelle technique de la construction nautique, elle existe depuis les années 90, et le coût de ces ‘mousses PET’ a tellement diminué qu’il est maintenant rentable d’en ajouter” a t il expliqué.

“Nous pouvons calculer combien de mousse serait nécessaire et nous pouvons la transformer en ‘parois. Les bateaux de conception thaïe sont tous en fibre de verre, et si quelque chose se produit, ils coulent” poursuit il.

“Avec cette technique, s’il se produit quelque chose, au moins les naufragés peuvent toujours s’accrocher à ou grimper sur la coque du bateau qui flotte – si le bateau chavire – jusqu’à ce que les secours arrivent” dit il.

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